Chauves-souris

 

Grand Murin - Stéphane Guérin-comp 
Grand Murin
© Stéphane Guérin

 

Pourquoi un Plan National d'Actions ?

Un premier Plan National d'Actions en faveur des Chiroptères (chauves-souris) a été réalisé sur la période 1999 à 2004 et un second sur la période 2008 à 2012. Ces plans d'actions permettent de mettre en place des actions pour la protection des chauves-souris sur le territoire national. Un 3ème plan d'action débute et se déroulera sur la période 2016-2025.

Toutes les espèces de chauves-souris de France métropolitaine sont protégées et figurent parmi les animaux les plus menacés d'Europe, essentiellement à cause des activités humaines.

Pour connaître les causes de mortalité des chauves-souris et leur cycle de vie, rendez-vous en bas de page.

 

Les actions menées au niveau régional :


Au niveau des Pays de la Loire, le second plan a été décliné sur la période 2008 à 2012 avec des actions plus spécifiques aux problématiques de notre région. MNE a participé à la mise en œuvre de ce plan d'action grâce à un projet régional 2010-2012 mené en collaboration avec 9 autres associations.

 Les objectifs poursuivis :

1. Protéger les sites d'hibernation et de reproduction connus en Pays de la Loire :

  • Constituer un annuaire répertoriant les sites d'hibernation et de reproduction ;
  • Mettre en place des protections physiques ou réglementaires sur les sites identifiés ;
  • Rechercher de nouveaux gîtes de reproduction.

2. Encourager les collectivités, les professionnels et le grand public à préserver les chauves-souris :

  • Réaliser une charte et un guide technique à destination des collectivités et des particuliers ;
  • Réaliser un site internet : http://www.chauvesouris-pdl.org/.

 

 Les actions menées par MNE au niveau de la Mayenne :

  • Prospection de toutes les communes mayennaises

253 communes sur les 261 que compte la Mayenne ont été visitées par nos bénévoles, équipe salariée et stagiaires. La recherche dans les bâtiments publics et parfois privés vise les espèces anthropophiles (combles des bâtiments, clochers d'église...). Un travail important qui nous a permis de prendre connaissance de l'existence de plus de 170 colonies de chauves-souris. Des demandes de créations d'APPB  sont en cours pour certains de ces espaces afin de garantir la tranquillité et de ce fait la préservation des chauve-souris en Mayenne. 10 nouvelles ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) ont été désignées pour la prise en compte des colonies de chauves-souris.

Signées entre MNE et 32 propriétaires mayennais, une convention de protection permet de mettre en place une cohabitation Hommes / Chauves-souris, effectuer un suivi et initier des mesures conservatoires.

        Engagements des propriétaires :

    • Conserver les espaces occupés ou disponibles pour les chauves-souris
    • Adaptation des pratiques d'entretien du bâti et des jardins

        Engagements de MNE :

    • Procurer conseil et assistance aux signataires
    • Effectuer de manière partielle ou totale les aménagements et le nettoyage des espaces, où les colonies ont élu domicile, avec le Chiro-Tour

 Création du groupe naturaliste Chiroptères (SOS Chauves-souris, Chiro-Tour)

Fiche pratique : Chauves-souris en Mayenne

Cycle de vie

  • L'hibernation
    Généralement de novembre à mars

Les chauves-souris européennes se nourrissant exclusivement d’insectes, l’absence de proies en hiver les oblige à limiter leurs dépenses énergétiques au maximum : elles entrent alors en hibernation.
En fonction du climat et des espèces, la période d'hibernation est variable mais est généralement constituée de 5 mois (novembre à mars). C'est pourquoi les gîtes d'hibernation sont vitaux pour une chauve-souris.

Les chauves-souris recherchent des gîtes d'hibernation hors-gel, c'est à dire des lieux où la température est basse mais ne soit pas inférieure à 0°C et varie peu. On les rencontre alors essentiellement dans des arbres creux et en milieu souterrain (grottes, anciennes mines, carrières, caves de châteaux...).
Certaines espèces peu frileuses peuvent utiliser certains ponts, mais en cas de froid vif et prolongé, elles vont se réfugier dans des gîtes arboricoles ou souterrains plus tempérés.

Cette période de léthargie hivernale est vitale pour les chauves-souris. Chaque phase de réveil demande une dépense d’énergie importante, c'est pourquoi il faut absolument éviter de les déranger pendant cette période.

  • Phase de transit
    Généralement de mars à mai

C'est la période où les chauves-souris se « réveillent ». Ayant perdu un tiers de leur poids, leur activité principale est la chasse. C'est également le moment où les colonies, constituées uniquement de femelles se recréent et retournent dans leur gîte d'été (habitation, arbres creux...) et où les femelles rentrent en gestation (55 à 75 jours).

  • Période estivale
    Généralement de juin à septembre

C'est la période de mise bas et d'élevage des jeunes. Les chauves-souris ne donnent naissance qu'à un seul petit par an et par femelle.

Trois à six semaines d'allaitement suffiront au nouveau-né chauve-souris pour devenir autonome. Le période de sevrage dépend des conditions climatiques, cela peut être beaucoup plus long selon l'abondance des ressources alimentaires (insectes).

En période d’activité, les chauves-souris utilisent de nombreux gîtes selon les espèces. Les colonies de reproduction sont globalement installées dans des endroits sombres et chauds (combles, greniers, arbres creux…) mais on peut aussi en rencontrer dans des milieux souterrains (caves), sous un pont, dans un linteau de porte ou derrière un volet. Les mâles exclus de ces colonies se rencontrent alors dans les mêmes types de gîtes, de manière isolé ou en petits groupes. Les colonies de femelles sont très fidèles à leurs gîtes de mises bas et reviennent d'années en années tant que le gîte est disponible.

  • Deuxième phase de transit
    Généralement de septembre à novembre

Les deux principales activités, durant cette deuxième phase de transit sont :

- la période d'accouplement. La mise bas aura lieu 6 mois plus tard !
- la chasse pour le stockage de réserves énergétiques pour la prochaine hibernation

Causes de mortalité des chauves-souris

  • Disparition de leurs gîtes de reproduction

La rénovation de bâtiments, l’aménagement des combles, la disparition ou la fermeture des souterrains, l’éclairage de monuments, la disparition des arbres creux, la rénovation des ponts… sont des exemples concrets de disparition de leurs gîtes de reproduction, d'hibernation ou de transit.

  • Disparition des milieux naturels de leur principale ressource alimentaire : les insectes

L'urbanisation et les évolutions des méthodes agricoles entraînent la nette diminution des haies, des vergers et des prairies naturelles, milieux propices aux insectes qui représentent la principale ressource alimentaire des chauves-souris.

  • Mortalité directe  

Si les chauves-souris ont peu de prédateurs naturels (chouette effraie, fouine), le chat domestique peut se spécialiser et capturer un certain nombre d’animaux. Mais une fois de plus, c’est l’homme par ses activités qui peut entraîner des mortalités fortes chez les populations de chauves-souris. Ainsi, il est maintenant bien connu et étudié que certaines routes sont de véritables cimetières à chauves-souris. Une nouvelle menace est également apparue avec la mise en place d’éoliennes, certains parcs pouvant tuer plusieurs dizaines d’animaux en quelques semaines, selon leur localisation.

 
mayenne droite

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